Les masques LED sont particulièrement utiles pour les esthéticiennes qui souhaitent améliorer l’état de la peau. Ils sont non invasifs, sûrs, indolores et offrent d’excellents résultats à condition d’être utilisés de manière régulière. Mais tous les masques LED ne se valent pas : à quoi faut-il faire attention lors de l’achat ?
Texte Anja Van Der Borght
Dans les années 1990, la NASA (via des partenaires) a développé des LED rouges pour des expériences sur la croissance des plantes dans l’espace. Il est alors apparu que ce type de lumière pouvait également stimuler l’activité cellulaire. Cela a conduit à des recherches sur la photobiomodulation avec la lumière rouge et proche infrarouge, notamment parce que les blessures guérissent plus lentement en microgravité et que les astronautes souffrent de perte musculaire et osseuse. Ces découvertes ont rapidement trouvé des applications sur Terre, notamment dans le domaine des soins et de la cicatrisation des plaies, et sont désormais largement utilisées dans l’industrie de la beauté. « Si votre objectif est principalement l’anti-âge et la stimulation de la production de collagène, la lumière LED rouge suffit généralement », explique Tim Vanheusen, responsable de la formation chez Senitas, distributeur du dôme LED Heleo4. « Si vous combinez cela avec des infrarouges – à la bonne longueur d’onde et avec une intensité suffisante – vous obtenez une combinaison optimale pour un masque LED. Le rouge et le NIR (proche infrarouge) constituent la meilleure base de départ. Ils ont un effet bénéfique sur la plupart des problèmes de peau, mais ils n’ont pas d’action antibactérienne. Si vous souhaitez vous concentrer spécifiquement sur l’acné, il est donc préférable d’ajouter également de la lumière bleue. »
Quelles longueurs d’onde sont utiles et à quoi servent-elles ?
Les longueurs d’onde sont en fait au cœur des masques LED. Chaque couleur est synonyme d’une gamme nanométrique (nm) ou d’une longueur d’onde spécifique qui détermine la profondeur de pénétration de la lumière et l’effet biologique auquel on peut s’attendre. Les masques LED indiquent idéalement les valeurs nm et pas seulement les couleurs telles que « rouge » ou « bleu ».
- Lumière rouge (généralement ± 630 – 660 nm) : pénètre jusqu’à l’épiderme et surtout le derme superficiel. Elle est utilisée pour favoriser la régénération cutanée et améliorer progressivement la texture de la peau et les ridules. Elle peut également atténuer les réactions inflammatoires, ce qui la rend particulièrement apaisante en cas d’irritation après un traitement. Les valeurs 633 nm ou 660 nm sont très courantes et conviennent parfaitement aux traitements professionnels.
- Lumière proche infrarouge (NIR) (généralement ± 810 – 850 nm, parfois 830 nm) : pénètre plus profondément que la lumière rouge, davantage vers le derme. Elle est idéale pour réparer la peau ou apporter un confort en cas de sensibilité inflammatoire, ainsi que pour procurer un effet « repulpant » indirect à long terme, grâce à une activité cellulaire améliorée. Remarque : la lumière proche infrarouge et la lumière rouge sont généralement plus confortables que la lumière bleue, par exemple. Si le client souffre rapidement de taches pigmentaires, optez plutôt pour le rouge/NIR. La lumière bleue est principalement absorbée en surface et peut donc provoquer une chaleur , ce qui est moins intéressant en cas d’inflammation ou de peau sensible à la pigmentation.
- La lumière bleue (généralement ± 405 – 420 nm) pénètre relativement superficiellement et convient parfaitement aux peaux sujettes à l’acné. Grâce à son action antibactérienne, elle a un impact sur l’activité des bactéries responsables de l’acné à la surface de la peau. Attention : la lumière bleue est la plus « irritante » pour les yeux et peut provoquer une sécheresse ou une irritation chez certaines personnes. Il est donc particulièrement important de protéger les yeux fermés avec un écran supplémentaire.
- La lumière ambre/jaune (généralement ± 585 – 595 nm) a un effet apaisant, idéal pour les peaux sensibles, et rend le teint plus uniforme, généralement de manière subtile. La lumière jaune est agréable à avoir, et certainement indispensable pour traiter les inflammations telles que la rosacée.
- La lumière verte (généralement ± 520 – 535 nm) agit sur la pigmentation et est donc idéale pour obtenir un teint uniforme. Mais les résultats sont variables. La lumière verte est souvent davantage un argument marketing, car elle est dans certains cas une combinaison de lumière jaune et bleue.
Un arc-en-ciel de couleurs
Certains appareils vont même jusqu’à proposer une thérapie par lumière LED « 7 couleurs ». Dans les masques LED à sept couleurs, le violet, le cyan et le blanc ne sont souvent pas des longueurs d’onde distinctes, mais des couleurs mélangées. Le violet est par exemple rouge + bleu ; le blanc = une combinaison de plusieurs LED). « Plus de couleurs n’est pas automatiquement mieux », poursuit Tim. La différence réside dans ce qui en ressort réellement sur le plan technique (quels nm, quelle puissance, quelle dose). Vous ne pouvez introduire dans la peau qu’une certaine énergie par seconde (mW/cm²). Les appareils qui combinent les couleurs transmettent donc en fait les deux couleurs dans la peau, chacune dans sa propre couche. La lumière bleue est absorbée par l’épiderme. La lumière rouge est absorbée par le derme. Je compare volontiers cela à la batterie d’un téléphone portable. Dès que vous le branchez, la batterie commence systématiquement à se recharger. Ce n’est pas comme si vous le branchiez et qu’il était soudainement chargé à 100 %. Il en va de même pour la peau. Elle a besoin de temps. Il serait donc préférable de laisser la lumière rouge et la lumière LED séparée agir séquentiellement sur la peau, mais le client devrait alors rester sous l’appareil pendant environ une heure et demie.
Certains masques LED proposent également des modes préprogrammés qui combinent certaines fréquences lumineuses pour un résultat optimal, par exemple un mode Post Procedure qui combine le proche infrarouge 830 nm avec la lumière rouge 630 nm et la lumière bleue 415 nm. Une combinaison qui rend la peau plus apaisée et plus confortable.
Les masques LED contribuent à améliorer l’état de la peau, mais ne sont pas une solution miracle : la régularité est importante. Il faut les utiliser régulièrement et suffisamment longtemps, selon un rythme fixe, et non de manière occasionnelle. La lumière LED agit plutôt comme un entraînement progressif pour votre peau (plus calme, plus uniforme, moins de réactions inflammatoires), et non comme une « réinitialisation » rapide. Une seule séance isolée apporte rarement un changement durable. « D’un autre côté, il ne faut pas non plus utiliser le masque trop souvent », explique Tim. « Si un client utilise son masque à domicile tous les jours, l’effet anti-âge sera présent, mais vous allez également créer de l’inflammation. Vous créez de nouvelles inflammations simplement parce que de très nombreuses espèces réactives de l’oxygène (ERO) sont libérées et souvent, la peau ne peut tout simplement pas les absorber. Trop de quelque chose n’est jamais bon. »
Couverture LED et énergie
« Indépendamment de votre budget, la première question à vous poser est la suivante : quels résultats souhaitez-vous réellement obtenir et quels symptômes souhaitez-vous traiter ? », explique Tim. « Il est également bon de savoir que certains appareils à LED ne sont pas nécessairement de moindre qualité. Si un appareil est autorisé sur notre marché, certifié CE et conforme à la réglementation européenne, vous pouvez être sûr qu’il s’agit d’un produit fiable et sûr. Les fabricants mettent souvent en avant le nombre de LED dans leur masque, leur dôme ou leur tunnel LED, mais ce chiffre en soi ne veut pas dire grand-chose. La couverture LED, l’énergie effective qui atteint la peau et l’endroit exact où cette mesure a été effectuée sont beaucoup plus importants. La comparaison des masques LED est donc complexe. Une marque peut indiquer qu’un masque contient 64 LED et délivre vingt joules par centimètre carré en dix minutes avec une lumière rouge, mesurée à deux centimètres du visage. Avec un dôme de masque placé à deux centimètres du visage, de nombreux consommateurs se sentiront claustrophobes, cette proximité ayant une influence sur l’énergie finale qui atteint la peau. Le joule n’est donc pas un paramètre simple pour comparer les appareils entre eux, mais il est essentiel pour déterminer si un traitement peut réellement donner des résultats. Lorsque l’on examine les spécifications techniques, il est donc judicieux de prêter une attention particulière à l’irradiance ou à la densité de puissance, exprimée en mW/cm² (milliwatt par centimètre carré) mesurée sur la peau.
Le spectre seul ne suffit en effet pas. Même avec la bonne longueur d’onde, la lumière peut être trop faible pour avoir un effet biologique. Outre l’irradiance, la durée du traitement et la dose totale – souvent exprimée en J/cm² – jouent également un rôle important. Vous voulez en effet non seulement la bonne lumière, mais aussi une lumière suffisante pour obtenir un effet constant. Et comme le temps c’est de l’argent dans un institut, la durée du traitement est également un facteur pratique. C’est pourquoi certains appareils LED combinent différentes couleurs, afin que les clients n’aient pas à rester longtemps sous l’appareil lorsque les couleurs sont appliquées séquentiellement. Enfin, il est important de se renseigner sur la longueur d’onde maximale et la largeur de bande. Une marque fiable mentionne par exemple une longueur d’onde maximale de 633 nm et indique éventuellement la largeur de la bande autour de cette valeur maximale. Sans indication précise en nm, la « lumière rouge » peut être de 620 nm pour un appareil et de 660 nm pour un autre, deux longueurs d’onde ayant un effet et une profondeur de pénétration clairement différents.
Nombre de LED
Le nombre de LED est déterminant pour une couverture uniforme et complète de la surface de peau à traiter : si les LED sont trop espacées, l’efficacité diminue. Choisissez donc de préférence un appareil équipé de LED de haute qualité et disposant d’au moins une certification de sécurité. Un nombre plus élevé de LED peut contribuer à une meilleure couverture, à condition que le rendement par LED soit suffisant. En plaçant les LED à proximité les unes des autres, la peau est traitée plus en profondeur en moins de temps et l’énergie totale émise augmente considérablement. Le nombre de LED est donc particulièrement important lorsque la densité de puissance d’un appareil est évaluée sur la base d’une seule LED, plutôt que sur la puissance totale de l’appareil. Tenez également compte de la taille du masque à LED. Quelles zones couvre-t-il ? Certains masques à LED ne couvrent que le visage, d’autres le visage et le cou, et d’autres encore incluent également le décolleté, bien que ce dernier soit souvent traité dans un module séparé pour le cou et le décolleté. Vérifiez également le poids du masque. N’est-il pas trop lourd à porter ? Est-il équipé d’une sangle et celle-ci est-elle réglable au niveau de la tête ? Certaines marques proposent des sangles équipées de moteurs à vibration qui émettent une douce vibration que vous ressentez là où la sangle touche le cuir chevelu, offrant ainsi un massage relaxant du cuir chevelu (souvent avec plusieurs modes de massage) en supplément. Quelle est la distance par rapport au visage, ce qui est particulièrement important avec un dôme ou un tunnel LED ? Vérifiez également la facilité d’utilisation et l’entretien. Pour une utilisation en salon, l’appareil doit être facile à nettoyer. Certains masques LED sont même résistants à la chaleur et peuvent être nettoyés thermiquement à 60 °C. Pratique si vous souhaitez les désinfecter complètement. Certains proposent une application supplémentaire qui vous permet de suivre les progrès.
Nous avons eu l’occasion de tester plusieurs masques et sommes arrivés à la conclusion suivante :
un masque souple et flexible ou un tunnel/dôme LED sous lequel le client est allongé est plus agréable à utiliser que les masques à coque rigide qui peuvent parfois faire mal lorsqu’on les place sur le visage.



