La recherche dans le monde des cosmétiques ne s’arrête jamais. Et, à chaque fois, nous sommes surpris par de nouveaux ingrédients encore plus prometteurs, tels que le schizochytrium et la berbérine.
Texte Sylvia Silvester
« Nouveau » est le mot magique
Pourquoi le secteur cosmétique continue-t-il à rechercher si intensément des ingrédients toujours différents, de nouvelles combinaisons d’ingrédients, de nouvelles formules ? C’est simplement une question de marketing. Les mots « nouveau » ou « renouvelé » agissent toujours comme un aimant sur les femmes pour qui la jeunesse éternelle et la lutte permanente contre le vieillissement cutané sont primordiales dans leur vie. Et c’est excellent pour les ventes.
Une algue aux propriétés exceptionnelles…
Les scientifiques aiment se concentrer sur des familles d’ingrédients ; ainsi, dans les numéros précédents de Proesthetic, nous avons déjà partagé des informations détaillées sur les dernières découvertes dans le monde des champignons et des mycètes. Mais les plantes vivant en eau de mer ou en eau douce, telles que les algues, suscitent aujourd’hui également un vif intérêt. Schizochytrium, par exemple, est un genre d’eucaryotes unicellulaires que l’on retrouve dans les zones côtières marines telles que les forêts de mangroves de l’océan Pacifique Sud. Il s’agit d’une microalgue appartenant aux Stramenopiles, un groupe qui comprend également le varech et diverses autres microalgues. Cette merveilleuse microalgue produit une huile riche en acides gras oméga-3 sous forme de DHA et d’EPA. Cette huile est utilisée depuis plusieurs années dans l’alimentation ou comme complément alimentaire et y a déjà largement prouvé ses propriétés bénéfiques.
Mais pour être utilisée en cosmétique, cette huile doit également posséder un certain nombre de propriétés importantes, notamment être résistante à certaines formes d’oxydation, à la chaleur, etc. Les premiers tests sont en tout cas prometteurs, car l’huile de Schizochytrium s’avère non seulement soigner et adoucir la peau, mais aussi de lisser la peau, mais aussi d’avoir une action antimicrobienne, de limiter la croissance de micro-organismes indésirables (par exemple les bactéries et les champignons), d’avoir une importante action antioxydante en inhibant les réactions favorisées par l’oxygène, et ainsi de lutter contre l’oxydation et l’altération d’autres ingrédients. Les peptides bioactifs de Schizochytrium suscitent actuellement l’intérêt car ils ont, sur la peau elle-même, une action antibactérienne, antiprurigineuse et anti-inflammatoire. La recherche sur d’autres propriétés biologiques de cette microalgue en est encore au stade expérimental.
Où trouve-t-on déjà aujourd’hui des applications du Schizochytrium dans les cosmétiques ? Plusieurs petites marques de niche ont déjà intégré ce nouvel ingrédient dans : des crèmes pour la peau, des toniques, des masques pour le visage, des shampoings, des après-shampoings et des brumes hydratantes ;…
Berbérine
La berbérine est une substance bioactive naturelle (un alcaloïde) présente dans des plantes telles que le Berberis vulgaris (épine-vinette) et le Coptis chinensis. Traditionnellement, surtout en Chine mais aussi en Inde dans le cadre de la médecine ayurvédique et dans le reste du Moyen-Orient, elle est utilisée depuis longtemps en phytothérapie, mais ces dernières années, elle a également suscité de l’intérêt dans les formulations cosmétiques. En phytothérapie, la berbérine était utilisée pour traiter les infections, réduire les inflammations et réguler les processus métaboliques. Ces derniers temps, on la retrouve souvent sous forme de complément alimentaire pour traiter des problèmes de santé tels que la résistance à l’insuline, le diabète de type 2 et la régulation du cholestérol. Certains praticiens de médecine alternative la recommandent également comme alternative naturelle à des médicaments tels que l’Ozempic et le Rybelsus…
Quels sont les effets de la berbérine sur la peau ?
La berbérine possède plusieurs propriétés utiles pour les soins de la peau : elle est antimicrobienne, inhibe la prolifération des bactéries et des champignons, a un effet anti-inflammatoire, atténue les rougeurs et les irritations, possède une action antioxydante, protège les cellules cutanées contre les radicaux libres et régule la production de sébum, ce qui lui permet de contribuer au traitement des peaux grasses ou à tendance acnéique. C’est pourquoi la berbérine est aujourd’hui principalement utilisée pour ses effets combinés contre l’acné et les imperfections. Grâce à son action antibactérienne, elle peut en effet aider à lutter contre le Cutibacterium acnes (la bactérie impliquée dans l’acné). De plus, elle apaise la peau : son action anti-inflammatoire rend cet ingrédient particulièrement adapté aux peaux sensibles ou irritées. Et grâce à son action antioxydante, elle aide à réduire le stress oxydatif qui contribue au vieillissement cutané. Sur les peaux mixtes ou grasses, elle aide à réguler la production de sébum, ce qui permet de rétablir l’équilibre cutané. On retrouve aujourd’hui la berbérine chez un certain nombre de petites marques de niche, généralement dans des sérums et des gels (pour une action ciblée sur l’acné), des crèmes (pour apaiser et offrir une protection antioxydante) et dans des nettoyants spécifiques dotés d’un effet antibactérien doux. La berbérine est souvent associée à d’autres principes actifs tels que la niacinamide ou l’acide salicylique pour un effet synergique.



